Télévision

Publié le par STÉPHANE'S BLOGS

Télévision

MARIAGE POUR TOUS, LE GRAND DIVORCE

LUNDI 30 JANVIER 2017 à 22h25 sur FRANCE 3

C’est un projet de loi qui a divisé, comme rarement, les Français. Un face-à-face de 427 jours, dont le tout jeune quinquennat de François Hollande peinera à se remettre, et sur lequel reviennent Elsa Guiol et Laurent Portes.

« Ouvrir le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels » était l’un des engagements de campagne du candidat François Hollande. Au lendemain du 6 mai 2012, cela devient l’une des priorités fixées au gouvernement par le tout nouveau président. Une fin de quinquennat plus tard, Elsa Guiol et Laurent Portes ont choisi de rencontrer les principaux rapporteurs, partisans et opposants dudit projet de loi. Un documentaire pour revenir sur des mois de débats, de confrontations, de coups bas et aussi de manifestations. Si, plus récemment, le projet de loi Travail, défendu par la ministre Myriam El Khomri, a conduit des centaines de milliers de gens à descendre régulièrement dans la rue, personne n’a oublié « la Manif pour tous » et son million de manifestants. Une opposition qui n’a certes pas remis en cause l’adoption de la loi, le 23 avril 2013, mais qui a marqué et scindé les Français.

« Avec la loi du 17 mai 2013 sur le mariage pour tous, la France est devenue le 9e pays européen et le 14e pays au monde à autoriser le mariage homosexuel. Cette loi a ouvert de nouveaux droits pour le mariage, l’adoption et la succession, au nom des principes d’égalité et de partage des libertés. En 2014, les mariages de couples de même sexe ont représenté 4 % du total des unions. » (source : gouvernement.fr/actions/le-mariage-pour-tous, 25 mai 2016)

Et ce qui se dessine dès les premières minutes du documentaire, c’est que personne parmi les instigateurs du projet n’avait imaginé une telle fronde parmi les opposants au mariage pour tous. Même Erwann Binet, le rapporteur de la loi et député de l’Isère, qui n’a jamais caché son attachement à la foi catholique, en convient : « Absolument personne ne m’a alerté, laissé penser qu’il y avait un désaccord personnel ou au-delà, y compris, je dois le dire, au sein des milieux chrétiens. » Or, bien avant que François Hollande ne soit élu, certains s’inquiétaient déjà de cette éventuelle ouverture des droits familiaux aux couples de même sexe. Monseigneur André Vingt-Trois sera le premier à réagir, une fois l’élection passée, en appelant à la conscience des députés lors de la prière universelle du 15 août. À ce coup politique, le gouvernement réagit par un coup médiatique. Mais en expliquant les contours de la loi au journal La Croix, Christiane Taubira déclenche un malaise avec cette phrase : « Notre projet de loi ne prévoit pas d’élargir l’accès à la procréation médicalement assistée. » De la PMA et de la GPA, il n’a pourtant jamais été question. Certains y ont bien pensé, mais l’idée n’a pas été retenue dans le projet initial. L’incompréhension est générale parmi ceux qui espèrent beaucoup de la loi et ceux qui, depuis le départ, en refusent l’idée. Ce sera dès lors une guerre de tranchées où chacun défendra ses idéaux, ses principes. Une période qui verra naître « la manif pour tous ». On y prône les valeurs de la famille traditionnelle, composée d’une mère et d’un père. Cette réussite médiatique, orchestrée par Frigide Barjot et Ludovine de La Rochère, prend au fil des semaines de l’ampleur. Impossible de ne pas l’entendre et, pourtant, le gouvernement, emmené par sa garde des Sceaux Christiane Taubira, ne fléchit pas. Au terme d’une deuxième lecture, longue de 136 heures, le projet de loi est adopté à l’Assemblée nationale par 331 voix contre 225.

CR

Publié dans Télévision

Commenter cet article